Seconde recension, fort différente de la première, puisqu'est ici mis à l'honneur un roman finlandais de 1983 d'un genre bien différent de celui de Thérèse Desqueyroux. Ouvrage assez court (260 pages), la forêt des renards pendus relate les aventures d'un braqueur de banque dandy, d'un major alcoolique de l'armée finlandaise et d'une vieille femme lapone qui se retrouvent, par le plus grand des hasards, ensemble durant les deux tiers du livre. Le titre annonce par bien des aspects le burlesque et l'humour qui traversent ce roman. A lire comme un David Lodge, pour se détendre car le propos y est sans prétention. J'ai d'ailleurs passé un fort bon moment. Moins astucieux, littérairement parlant que Lodge, mais tout aussi réjouissant.
Aarto Pasilinna
L'histoire
Rafael Juntunen, malfrat de seconde zone, et deux complices, un crétin fini (Sutunen) et un psychopathe fortement antipathique (Hemmo Siira), ont dérobé des lingots d'or à la banque nationale de Norvège. Comme prévu dans un plan déjà fort drôle, les deux compères se laissent arrêter pour permettre à Juntunen de s'enfuir avec une partie du butin, à charge pour lui d'attendre que les deux gangsters sortent de prison pour partager le magot. Evidemment, au bout de quelques années, Juntunen s'étant déjà servi dans sa propre part, il commence à se dire qu'il serait dommage d'attendre la sortie de prison de Siira et Sutinen ou même de partager avec eux. Il s'arrange donc pour renvoyer le simplet Sutinen en prison dès qu'il en sort, en lui montant un coup fourré particulièrement savoureux. Mais concernant Siira, qui n'hésitera probablement pas à le tuer, la partie s'annonce plus tendue. Comment éviter le partage? En fuyant...
Il va ainsi se réfugier en Finlande, au niveau du cercle polaire pour y cacher son magot. C'est là, après quelques aventures, qu'il rencontre le major Gabriel Amadeus Remes, alcoolique notoire, qui s'occupe de manoeuvres militaires dans la zone. Sans dévoiler plus avant l'histoire, Juntunen parvient à déjouer les soupçons de Remes en lui faisant croire qu'il a trouvé de l'or dans la région. Ils s'entendent à merveille, améliorent la cabane sinistre dans laquelle Juntunen s'était caché, jusqu'à en faire un vrai petit palace puis rencontrent une vieille lapone nonagénaire, Naska qui a fui les services sociaux de Finlande, qui voulaient l'interner de force dans un asile pour vieillards. Ils vont mener une vie de château dans cette cabane isolée jusqu'à ce que le psychopathe Siira retrouve leurs traces.
Particulièrement drôle et amoral, le récit de leurs aventures m'a fait passer un excellent moment. Ce n'est certes pas une oeuvre dont on peut tirer de grands enseignements littéraires, politiques et individuels, mais elle permet de sourire et de s'amuser pendant une ou deux soirées. Chaque chapitre réserve ses traits d'humour grinçant jusqu'à l'apothéose finale et ces pièges à renard, installés tout autour de la cabane, qui trouvent une toute autre destination que celle prévue par Juntunen et Remes.
Chercher la cabane du père Noël peut être dangereux pour des touristes allemands...
Par Ibarrategui
2
-
Recommander
Commentaires